Espérance 27 le mag

Espérance 27 le mag

Culture


Le 19 janvier, c'est la nuit de la lecture !

Capture d’écran 2019-01-10 à 11.45.54.png

Librairies et bibliothèques vous réservent des animations nocturnes en pagaille !

 

La liste des animations sur le site d'information agri-culture.fr.

 

Quelques unes (seulement) des animations dans l'Eure

 

 

Jouons avec les héros de nos albums

Venez découvrir les jeux de vos héros préférés ! Nina, Cornebidouille, Simon, Loulou le loup et bien d'autres !
Gratuit

Samedi 19 janvier, 10h00
Médiathèque Bernay - 2 rue de la Charentonne - 27300 Bernay

 

 

Lecture à voix haute

Les bibliothécaires vous invitent à une soirée de lecture à voix haute sur la thématique du mouvement...
Gratuit. Sur inscription.

Samedi 19 janvier, 19h00
Médiathèque Hector Malot - 265 rue des Portes - 27310 Bourg-Achard

 

 

Escape game, la médiathèque en danger !

Aurez-vous le temps de déjouer le plan imaginé par des hackers visant à effacer toutes les données du serveur de la médiathèque ?
**Escape Game**. _La médiathèque en danger_. Des hackers ont piraté le serveur de la médiathèque. Ils demandent une rançon de 300 000 euros ou bien ils effacent toutes les données. Les participants ont 45 mn pour déjouer leur plan. A partir de 10 ans, 2 sessions : 18h30-19h15 / 19h45-20h30
Gratuit

Samedi 19 janvier, 18h30, 19h45
Bibliothèque-médiathèque Rolland-Plaisance - Square Georges Brassens - 27000 Evreux

 

La programmation dans toute la France.


10/01/2019
0 Poster un commentaire

"En quête d'un Eden", présentation du documentaire par sa réalisatrice à Evreux

Embarquez pour le Costa Rica, un pays atypique à bien des égards, le 26 novembre, à 14 h 30 et 19 H 30 au Cadran, à Evreux, avec le cycle de conférences « Connaissance du Monde ».

 

Au programme, la projection du film « En quête d’un Eden », un documentaire sur le Costa Rica et un échange avec l’une des deux réalisatrices, Pauline Planté ou Isabel Vendrell Cortès. 

 

Champion du bonheur !

« Sacré « champion du monde du bonheur durable » par des études européennes à trois reprises consécutives, le Costa Rica est réputé pour la richesse de sa nature. Un sanctuaire qui concentre plus de 6 % de la biodiversité de la planète. A l’heure des bouleversements climatiques, préserver cet environnement est devenu le défi du siècle pour le plus petit pays d’Amérique Latine. »

 

Avec plus de 4,94 millions d’habitants, le Costa Rica est le 120 pays le plus peuplé du monde et au cinquième rang des sept pays d’Amérique centrale. Le pays s’étend sur 51 100 km2 )c’est le plus petite pays d’Amérique latine-, il compte 1 290 km de côtes et 27 parcs nationaux qui couvrent plus de 25 % de sa superficie protégée. Le pays a un modèle de développement reposant sur l’éducation, la santé et la protection de l’environnement. 

 

En démocratie depuis son indépendance en 1821, le pays a aboli l'armée en 1948, la peine de mort en 1882. 

Le Costa Rica est un des pays les plus riches d’Amérique Latine, avec un niveau de développement élevé.

Il est régulièrement en tête des indices visant à mesurer le bonheur et le bien-être des habitants.

 

Capture d’écran 2018-11-20 à 15.59.29.png

Deux réalisatrices

"Originaire d’Espagne, Isabel Cortés est arrivée en France en 2011 pour s'interroger sur les différents mouvements sociaux issus de la crise économique en Europe.  Curieuse et ouverte à différents univers, elle a collaboré sur des œuvres documentaires traitant des sciences humaines et de nouvelles technologies.

Pour ce film, elle met en pratique au côté de Pauline Planté sa passion pour l´aventure, les rencontres et la prise de vue aérienne dans le ciel costaricain."

 

En pratique
26 novembre, 14 h 30 et 19 h 30, le cadran, Evreux,
tarif plein : 10 € , réduit, carte senior, famille nombreuse (minimum 3 enfants) : 9 €, spécial groupe -10 personnes, étudiant, handicapé, chômeur : 5,50 €, scolaire : 4 €, gratuité - 12 ans accompagné d’un parent, abonnement tous films : plein tarif 64 €, réduit 56 €.
Information et billeterie : www.letangram.com/agenda/costa-rica

23/11/2018
0 Poster un commentaire

Ils ont la cote !

Aujourd’hui, un billet ludique avec quelques personnages de papier qui ont endossé la profession de journaliste. Cela vous donnera peut-être des idées de lecture ou de film a regarder, sous la couette, ce soir !

Rouletabille 

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.33.21.png

 

Le premier dans ma liste, un brin désuet mais qui pique toujours la curiosité, Joseph Joséphin, surnommé Rouletabille, petit reporter au journal L’Epoque. C’est le personnage principal des romans policiers de Gaston Leroux (1868-1927), normand, qui exerça, entre autre, la profession de journaliste !
Rouletabille apparait dans le célèbre roman « Le mystère de la chambre jaune », publié en 1907. Sept autres aventures du reporter suivront jusqu’en 1923. Rouletabille, avec son esprit vif, devance souvent les enquêteurs et participe activement à résoudre les mystères qu’il est chargé de rapporter à ses lecteurs. 
Les aventures de Rouletabille ont été adaptées en une série de bandes dessinées parue chez Lefrancq, par André-Paul Duchâteau (scénarios) et Bernard Swysen (dessins), (Claude Lefrancq Éditeur). Bien que cette collection date, on peut encore la trouver dans certaines médiathèques.
En mars 2018, sort une adaptation en bande dessinée du Mystère de la chambre jaune par Jean-Charles Gaudin et Sibin Slavković.
Les aventures de Rouletabille ont donné lieu à toute une série d’adaptation cinématographique (pour en savoir plus https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Rouletabille).

 

Tintin

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.36.04.png

On ne peut oublier Tintin, personnage d’Hergé (1907-1983). Les aventures de Tintin ont d’ailleurs été conçues, à l’origine, pour paraître en feuilletons dans la presse. Et si on se réfère à la belle interview de de Benoît Peteers, spécialiste du dessinateur, (www.retronews.fr/interviews/herge-revait-detre-journaliste), Hergé réalisait un réel travail de journaliste pour créer ses histoires et transcrivait, parfois de façon dissimulée en inventant des lieux, l’actualité de son époque.

 

Einar

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.37.37.png

Parmi les oeuvres plus récentes, citons Einar, journaliste créé par l’auteur de romans policiers islandais Árni Þórarinsson (né en 1950). Drernière aventure en date de Einar, « Treize jours », paru ce mois-ci aux éditions Métailié (collection bibliothèque nordique, traduction Eric Boury). « 13 jours, c’est le délai que sa dernière petite amie, banquière recherchée par la police, a donné à Einar pour la rejoindre à l’étranger.
13 jours, c’est le temps qu’il va lui falloir pour décider s’il veut accepter la direction du grand journal dans lequel il a toujours travaillé.
13 jours, c’est le temps qui sera nécessaire pour trouver qui a tué la lycéenne dont le corps profané a été retrouvé dans le parc. Quelque chose dans son visage rappelle à Einar sa propre fille, Gunnsa, quand elle était un peu plus jeune et encore innocente ».

 

Annika Bengtzon

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.36.47.png

 

A ne pas manquer non plus, les romans de la suédoise Eva Elisabeth Liza Maklund (née en 1962), écrivaine et journaliste. Ces romans mettent en scène Annika Bengtzon, journaliste d’investigation. Journaliste au sein d’un grand quotidien suédois, Annika Bengtzon est chargée des affaires criminelles. Elle est constamment la première appelée sur les lieux des crimes. Afin de faire éclater la vérité, elle décide régulièrement de mener sa propre enquête. (source https://nordique.zonelivre.fr/liza-marklund-biographie-et-…/). Les romans de Liza Maklund ont été adapté en téléfilm.

 

Mikaël Blomkvist

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.35.22.png

Un autre personnage incontournable, Mikaël Blomkvist, journaliste économiste et héros de la trilogie Millénium de l'écrivain suédois Stieg Larsson.

 

Pour les enfants

Capture d’écran 2018-10-30 à 18.34.42.png

Pour les jeunes lecteurs, on se doit de citer Geronimo Stilton, souris douée de raison et de parole, vivant sur l’ile de Sourisia. Géronimo Stilton est le rédacteur en chef de L’Echo des rongeurs. On ne compte plus les albums et les BD dont Géronimo Silton est le héros. Des séries dérivées avec des personnages secondaires ont également vu le jour. Faisant la part belle aux illustrations et avec une mise en page colorée et attrayante du texte, les lecteurs entre 8 et 12 ans sont vite fans de cette collection publiée aux éditions Albin Michel Jeunesse et écrite par Elisabetta Dami. Ses aventures sont toujours drôles et rocambolesques, tour à tour fantaisistes, fantastiques ou réalistes.


08/11/2018
0 Poster un commentaire

Quand le Japon s’invite en Normandie, plongée dans le musée des impressionnismes

Le musée des impressionnismes de Giverny (MDIG) vient de fermer ses portes. La prochaine exposition "Monet - Auburtin. Une rencontre artistique" sera visible du 22 mars au 14 juillet. En attendant je vous propose de vous (re)plonger dans l'avant dernière exposition du MDIG qui a connu un beau succès "Japonismes/impressionnismes" qui s'est tenue du 30 mars au 15 juillet 2018. L'occasion de retrouver un peu de chaleur et de soleil !

 

Cet article est initialement paru le 15 juillet 2018 sur  www.facebook.com/esperance27lemag

 

 
Il y a 160 ans, la France et le Japon signent un traité d’amitié et de commerce. Le Japon met ainsi fin à une politique d’isolement qui a duré 212 ans ! Littérature, architecture européennes… s’imprègnent rapidement de la culture nippone qui offre une formidable occasion aux artistes de se renouveler et d’explorer d’autres formes d’expression.
Le Musée des impressionnismes Giverny proposait ainsi d’explorer plus spécifiquement les liens entre le Japon et les peintres impressionnistes et post-impressionnistes. Tout dans le Japon fascine les artistes de l’époque : ses vases, ses statuettes, ses estampes, ses éventails, ses kimonos, ses bibelots… Lesquels déferlent massivement en Europe et deviendront rapidement des objets de collection vendus par des magasins spécialisés tels « La porte chinoise » ou « L’empire chinois ». Ainsi, il n’est nul besoin d’effectuer un voyage coûteux et périlleux au Pays du Soleil Levant pour être dépaysé. Claude Monet, Paul Signac, Edgar Degas, la plupart des peintres impressionnistes et post-impressionnistes posséderont une collection d’estampes japonaises. Certains les encadreront avec soin quand d’autres les punaiseront directement au mur.
 

 

 

L'exposition universelle de 1867

De grands rendez-vous contribuent également à diffuser le japonisme : L’exposition universelle, qui se déroule à Paris en 1867, compte le Japon comme invité. Plus tard, en 1890, L’exposition d’ukiyo-e (estampes japonaises classiques réalisées du 17e au 19e siècle) à l’école des Beaux-Arts de Paris attirera nombre de peintres exposés au mdig.
 

 

"Anna Bosch dans son atelier", Théo Van Rysselberghe (observez l'estampe japonaise au mur)

 

Une fois ce constat dressé, les preuves de la fascination des peintres impressionnistes sautent aux yeux : si les techniques restent tout d’abord les mêmes, les femmes sont représentées en kimono (lequel est porté comme un vêtement d’intérieur chic et confortable mais avec un jupon et des bas), les décors et les ateliers d’artistes représentés laissent apparaître des paravents, des estampes, des éventails …
 

 

"A comfortable corner", William Merritt Chase (un kimono mais avec un jupon et des bas !)

 

Puis, tout naturellement, certains, comme Henri Rivière, s’essayent à la pratique de l’estampe. Pierre Bonnard réalisera, de son côté, de magnifiques paravents.
En parallèle, les affiches deviennent un support d’expression artistique, dans lesquelles on décèle l’influence du Japon. « Divan Japonais » de Toulouse-Lautrec et « France-Champagne » de Pierre Bonnard en sont les exemples les plus connus.
 

 

Mary Cassatt, "La lettre"

 

Les peintres adoptent peu à peu l’aplat, les couleurs pures, les compositions décentrées caractéristiques des estampes et abandonnent la perspective traditionnelle, le jeu du clair-obscur…
Chacun interprète et explore librement ces techniques, trouvant une voie d’expression personnelle.
 

 

« Variations en violet et vert », James McNeill Whisler

 

Dans son tableau, « Variations en violet et vert », James McNeill Whisler évoque directement l’art de l’ukiyo-e : la thématique, la composition, le format vertical, la signature dans un cartouche…
 

 

« Variations en violet et vert », James McNeill Whisler, détails, signature de l'artiste

 

De son côté, Gustave Caillebotte représente un tapis de marguerites dans sa salle à manger. Des fleurs parsemées dans l’herbe, un thème cher aux artistes japonais, alors que les européens ont longtemps privilégié les natures mortes.
 

 

Les marguerites de Gustave Caillebotte

 

La série de tableaux autour du pont japonais et des nymphéas de Claude Monet, peints à la fin de sa vie, en est un autre exemple éclatant. Formes et couleurs forment une végétation et un ciel qui se mêlent et effacent les limites du tableau…
 

 

 

Autour d’un savon, par tous les temps

 

Savons, chapeaux, parapluies, foulards...

 

Une fois sortis du mdig, les rues de Giverny nous appelaient. Malgré une fréquentation hors du commun, entre 500 000 et 600 000 visiteurs annuels pour les jardins de Claude Monet, pour un village de 500 âmes, les rues gardent leur charme et leur beauté. C’est finalement assez incroyable quand on y pense. Une organisation et une logistique drastiques doivent se cacher derrière un tel résultat (et cela mériterait bien un reportage !). La promenade fut de courte durée, nous n’avions pas le temps de visiter la maison de Claude Monet, l’heure de la finale approchant dangereusement. Mais nous avons fait un petit tour dans le magasin « Retrouvez-nous autour d’un savon ». Au fond du magasin, un rayon complet dédié aux savons et autres crèmes de la marque bio française « Nature et progrès ». Savon solide fleurs d’oranger, chanvre lavandin, fleurs de pâquerette, savon liquide Alep, ou crème d’Argan… l’essentiel est là !
Et petite touche d’humour et de poésie, « Autour d'un Savon » vend une machine à faire des bulles !
 

 

Ombrelle ou parapluie, un double usage pratique en Normandie

 

La boutique propose également des chapeaux, bérets, casquettes, foulards et parapluies « made in France » drôlement chouettes et de qualité… histoire que les visiteurs ne soient pas pris au dépourvu, qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve ! Coup de coeur pour les cabas et les parapluies sur le thème de l’impressionnisme et de Giverny.
Nous serions bien restés plus longtemps, mais la journée se terminait... Il faudra donc revenir pour explorer les ruelles, les chemins de randonnées et les ateliers d’artistes.
Et en attendant la réouverture du musée, faites un petit tour sur  www.galaxie.mdig.fr, un chouette site pour admirer et en savoir plus sur 70 artistes et 173 de leurs oeuvres... 
L. Brémont
 
Picorette et Vernon
En chemin, ce 15 juillet 2018, j'ai fait quelques belles découvertes locales. A découvrir par ici !

06/11/2018
0 Poster un commentaire

Les vikings, des commerçants avant tout !

Hippodrome de Navarre, Fêtes Normandes, dimanche matin, 10 h 45, nous sommes à peine dix dans le petit coin réservé aux conférences, dans le chapiteau abritant « L’épopée Viking ». Nous attendons que débute la conférence sur le thème « Les Vikings commerçants et marchands ». Le programme n’annonce même pas le nom de l’intervenant et tout d’un coup le doute me prend… Que suis-je venue faire ici un dimanche matin pluvieux ? Mais par loyauté envers ma centaine de lecteurs, je décide de rester. Bien m’en a pris, j’ai passé un moment passionnant. L’intervenant arrive rapidement, et il a une façon ludique de parler des vikings. Eric est normand, une trentaine d’années, impliqué dans plusieurs associations visant à faire découvrir la culture scandinave à l’époque des vikings, il est notamment président de l’association « Sur la Route de Byzance ». Ses connaissances sur le sujet sont étendues et il sait faire partager sa passion.

Erik Ödelinson

Pour nous parler des talents de navigateurs et de commerçants des Vikings, Eric a choisi de rentrer dans la peau d’Erik Ödelinson, personnage fictif, et de nous raconter sa vie de commerçant entre la fin du neuvième siècle et le début du dixième siècle.

 

 

Mais avant de dérouler ce récit, commençons par une précision d’importance. Les vikings ne forment pas un peuple à part entière. Ils représentent environ 5 à 7 % des populations scandinaves. Ce sont des marchands qui utilisent des techniques de pillage et de piraterie dans le but d’acquérir des richesses. Ils sont souvent motivés par une mauvaise récolte, un besoin pressant d’argent. L’âge d’or des Vikings s’étend de 750 à 1050.
« Nous avons l’image de hordes de guerriers sanguinaires détruisant tout sur leur passage mais c’est n’est pas la réalité, souligne Eric. Les témoignages de l’époque dont nous disposons ont été rédigés par des moines, parfois des années après que les faits se soient déroulés. Et les moines avaient un peu les mêmes travers que les journalistes d’aujourd’hui, en exagérant les choses (ndlr : et toc, prends toi ça dans les dents Laetitia ;o)… mais vous noterez tout de même que je rapporte les propos tels quels). Les vikings n’usaient de la force que quand ils ne pouvaient acquérir autrement des richesses convoitées et s’arrangeaient pour attaquer, en petits groupes, par surprise, par exemple pendant la messe. Ils évitaient les batailles rangées et lorsqu’ils y étaient contraints, ils étaient battus à chaque fois. »

 

Si les Vikings utilisaient la force en cas de besoin lors d'attaques surprises, ils évitaient les grandes batailles qu'ils perdaient le plus souvent.

 

Ces précisions faites, laissons la parole à Erik Ödelinson.
« Je suis né en 882, sur une île du lac Mälar, proche de Birka ». Birka est l’une des premières villes de Suède, active entre 750 et 950. Elle se trouvait sur l’île de Björkö, à trente kilomètre à l’ouest de Stockholm. A l’époque, le lac Mälar est une baie de la mer Baltique, le niveau de la mer étant plus haut. « La région a un fort attrait commercial et l’île de Birka, à la croisée de plusieurs routes maritime, accueille jusqu’à une population de 900 personnes, ce qui est considérable ! »

Le commerce de l’ambre

« Je vis dans une famille plutôt aisée de commerçants. Nous possédons quelques esclaves, des terres, du bétail. Nous tirons nos revenus du commerce de l’ambre, très présent au bord de la mer baltique, bordée de forêt de conifères. » A cette époque l’ambre est utilisé pour fabriquer des bijoux mais il a aussi son utilité dans la pharmacopée. « En 898, j’ai 17 ans. J’ai appris les rudiments du commerce et mes parents me donnent un petit stock d’ambre pour que je m’essaie au commerce par moi-même. C’est une pratique courante de donner l’occasion à quelqu’un de créer des richesses par lui-même. Je décide de traverser la Mer Baltique en direction de ce que vous appelez la Pologne. Là-bas, les choses fonctionnent bien pour moi et je fais de beaux bénéfices que j’utilise pour acheter des produits rares : des bijoux, de la verrerie. C’est là que j’entends parler de Miklagärd, « La Grande Ville » dans notre langue, ou Byzance ».

 

 

« On me fait le récit d’un voyage périlleux, de plusieurs fleuves à traverser, de territoires dont les peuples sont hostiles. Les marchands qui en reviennent sont riches, notamment grâce au commerce de la soie. Moi aussi je veux tenter l’aventure, entreprendre ce long voyage, me lancer vers l’inconnu et voir de mes yeux Miklagärd ! »
 
Rentré à Birka, Erik réunit plusieurs amis. Ensemble, ils constituent un felag. Un felag est une sorte de communauté de biens. Chacun finance l’expédition commerciale et sera rétribué, au retour, à hauteur de son apport.

Vers Byzance !

 

Dans les cales du drakkar, des noix, des noisettes...

 

« Nous attendons le printemps pour partir. Dans les cales, du miel, des noix, des noisettes, des fourrures. Nous traversons la Mer Baltique, descendons le Dniepr jusqu’à la Mer Moire et à Miklagard. Mais avant d’arriver à destination, nous avons parfois dû sortir le drakar de l’eau, car les fleuves ne sont pas toujours navigables ! Et puis, nous avons fait la rencontre des Petchenègues qui font également commerce de fourrures. Inutile de vous dire que nous nous sommes affrontés ! »
Les Petchenègues sont un peuple nomade d'origine turque qui apparait au huitième siècle à la frontière sud-est de l'Empire khazar (approximativement situé entre la Mer Noire et de la Mer Caspienne et au nord de ces deux mers). Ils s'installent au dixième siècle au nord de la Mer Caspienne.
« Nous avons aussi capturés quelques esclaves en route, une marchandise précieuse, qui a l’avantage de se déplacer par elle-même ! »
L’arrivée à Miklagärd a été indescriptible. C’est un centre économique important à cette époque où se croisent de nombreuses nations. Le commerce avec les vikings et les Varègues, n’a pas toujours été facile et Miklagärd contracte ainsi des accords commerciaux pour assurer une relative paix. Il faut dire que les Vikings n’hésitent pas à user de filouterie et de la force en cas de besoin alors que les Varèques* sont plutôt des commerçants au sens traditionnel où on l’entend aujourd’hui.

 

La parure des femmes de vikings est une forme d'investissement et une façon de montrer sa réussite.

 

« J’emporte partout avec moi ma balance portative. Quand je négocie avec un autre commerçant, nous devons comparer nos unités de mesure au préalable. Parfois, pour effectuer un paiement, je coupe une pièce de monnaie, un morceau de bijou pour parvenir à la somme juste à payer. J’achète en priorité des épices, du sel, de la verrerie et des lingots d’acier. Nous sommes de très bons forgerons mais notre acier est moins riche en carbone et les épées que nous fabriquons chez nous sont plus cassantes. L’acier d’Afghanistan et d’Iran est de meilleur qualité. J’achète aussi de la soie, celle provenant de Chine est la plus fine, la plus légère et la plus ouvragée. Des bandelettes de soie peuvent, à l’occasion, servir de moyen de paiement. Certains vendeurs ne comprennent pas pourquoi j’achète des perles de verre pour les offrir à mon épouse. Mais c’est pour moi un investissement. En cas de besoin, je pourrai toujours les revendre. Et en portant des parures de perles et de métal, ma femme montre ma richesse et ma réussite ! Avec mes amis, nous rentrons à l’automne. Ensuite, nous vendons au plus vite nos marchandises mais sans oublier de faire de confortables bénéfices ! »
Les vikings n’entreprennent pas tous un tel périple. Dans le cas de trajets plus courts, ils commercent plutôt du bois, de la laine par exemple.

Copier les élites

 

 

« Au cours de mon voyage, je me familiarise avec les langues locales, les religions. Ce sont des connaissances indispensables dans le négoce. Mon vêtement adopte des éléments des tenues des élites des pays que je traverse. C’est une façon de montrer ma propre réussite sociale à ces peuples. Je porte ainsi un caftan, une veste ouverte qui copie une tunique fermée portée par les élites de Byzance. Je l’ai agrémenté de bandelettes de soie. Les appliques de ma ceinture rappellent celles des riches arabes. Je porte également une croix autour du coup qui rappelle un crucifix mais, retournée pourrait tout à fait faire penser à un marteau de Thor ! Si besoin, je pourrais très bien renier ma religion. Pour moi, tous les moyens sont bons pour arriver à mes fins… Et puis, il faut savoir vivre avec son temps ! »
C’est ainsi que s’achève le récit d’Erik Ödelinson.
Eric conclut son exposé en soulignant que les Vikings, s’ils ont usé de violence (ce qui n’était pas inhabituel à cette époque), n’ont jamais imposé leur religion à d’autres peuples. Les Vikings, conquérants, remarquables commerçants et navigateurs se sont rapidement déculturés puis acculturés là où ils se sont installés. Et aujourd’hui, on ne retrouve leurs traces que dans la typologie des lieux.
 
Laetitia Brémont
 
* ndlr : Un certain flou semble régner sur les Varègues, aussi définis comme des Vikings voyageant vers l’est, vers ce qui deviendra Saint-Petersbourg et le lacis des fleuves et lacs russes.
 
Retrouvez Eric et Erik dans un portrait croisé sympathique ici.
 

09/10/2018
0 Poster un commentaire